Widowland - THYNNE Jane

Couverture Widowland

Londres, 1953. Depuis la fin de la guerre et l’écrasante victoire allemande, le Royaume-Uni est un Protectorat administré par l’Allemagne nazie. Les femmes y sont dorénavant réparties en classes qui régulent strictement leurs droits. Heureusement pour elle, Rose Ransom fait partie de l’élite. Et, privilège s’il en est, on la charge de réécrire la littérature. Jane Austen, Charlotte Brontë ou les frères Grimm n’ont pas de secrets pour elle et, bientôt, leurs héroïnes deviendront pour les lectrices de parfaits modèles aryens.
Seulement, alors que l’arrivée à Londres du Leader est imminente, des phrases censurées réapparaissent sur les murs de la ville. Et c’est Rose que l’on envoie enquêter en plein cœur des Widowlands, ces banlieues délabrées où l’on confine les femmes insoumises ou rebuts de la société. Pourtant, Rose s’interroge : à quel point ces femmes sont-elles différentes d’elle ?

Roman diablement intelligent, enquête sous haute tension, Widowland est aussi une mise-en-garde contre les dérives des sociétés modernes et un formidable plaidoyer pour la littérature.

Biographie de l'auteur

C. J. Carey, née en 1961, est le pseudonyme de Jane Thynne, une écrivaine et journaliste anglaise passionnée par les romans historiques.

Date première édition: mai 2022

Editeur: Le Masque

Genre: Roman , Science-fiction

Mots clés :

Notre avis : 9 / 10 (1 note)

Enregistré le: 05 juin 2026



Marie-Claire
Appréciation de lecture
Widowland
Appréciation : 9 / 10
Commentaire #1 du : 05 juin 2026
Ce roman est une uchronie : on modifie l’Histoire en transformant les événements passés.

C’est la question « et si les choses s’étaient passées autrement ? "Par exemple le roman Civilizations dans lequel Laurent Binet nous raconte pourquoi et comment Atahualpa, septième Sapa Inca réussit à conquérir le Nouveau Monde, c’est-à-dire l’Europe !

Ici, l’auteur imagine que la Grande-Bretagne a signé une alliance avec les nazis qui gouvernent et imposent leurs règles. Les États-Unis ne sont pas entrés en guerre, le pacte germano-soviétique n’a pas été rompu. L'auteur modifie les faits, mais s’appuie sur des personnalités qui ont existé, par exemple le roman commence au moment du couronnement d’Edward VIII et de Wallis Simpson. Elle a gardé aussi Rosenberg qui a spolié des milliers de livres en Europe et voulait exercer le contrôle sur la littérature.

Ce roman est aussi une dystopie : une société imaginaire dans laquelle les citoyens sont privés de liberté, sont surveillés, contrôlés et punis. On pense à 1984,le roman de George Orwell ou La servante écarlate de Margaret Atwood. D’ailleurs, on retrouve dans Widowland des similitudes sur le sort réservé aux femmes classées en catégories qui définissent leurs droits et leurs devoirs, le plus important étant celui d’enfanter. Le widowland ce sont des bidonvilles dans lesquels on a parqué les veuves, inutiles

La littérature a presque disparu « Lire n'était pas expressément interdit – d'ailleurs une liste de livres aux vertus éducatives était publiée annuellement par le ministère, mais un surcroît de lectures personnelles, indépendamment du cadre scolaire ou institutionnel, était transgressif pour une femme. Ça fleurait la subversion. C'était le genre de choses qui attiraient l'attention et alimentait les qu'en-dira-t-on."

L’auteur montre bien le processus d’endoctrinement, de surveillance ainsi que le sentiment de peur généralisé dans toute la société et aussi les différentes réactions des personnages.
L’enquête proprement dite n’est pas l’aspect le mieux réussi, néanmoins j’ai beaucoup aimé le roman dont les thèmes, le sort des femmes, la censure – sont malheureusement d’actualité.

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