La Petite Bonne - PICHAT Bérénice

Couverture La Petite Bonne

image : coup de coeurPrix des libraires 2025 - Domestique au service des bourgeois, elle est travailleuse, courageuse, dévouée. Mais ce week-end-là, elle redoute de se rendre chez les Daniel.

Exceptionnellement, Madame a accepté d’aller prendre l’air à la campagne. Alors la petite bonne devra rester seule avec Monsieur, un ancien pianiste accablé d’amertume, gueule cassée de la bataille de la Somme. Il faudra cohabiter, le laver, le nourrir. Mais Monsieur a un autre projet en tête. Un plan irrévocable, sidérant. Et si elle acceptait ? Et si elle le défiait ? Et s’ils se surprenaient ?

 

Biographie de l’auteur

Bérénice Pichat, née en 1985, est originaire du Havre, où elle vit toujours, elle partage son temps entre enseignement et écriture.

"Ceux qui vivent encore"(2022) est son premier roman et le premier tome de sa trilogie, "Les promesses des fleurs" dont seulement deux tomes sont parus, toute entière située à Saint-Véran dans le Queyras.
En 2024, elle publie son troisième roman, "La Petite Bonne".

Date première édition: août 2024

Editeur: Les Avrils

Genre: Roman

Mots clés :

Notre avis : 9 / 10 (2 notes)

Enregistré le: 16 octobre 2025



POMAH
Appréciation de lecture
La Petite Bonne
Appréciation : 9 / 10
Commentaire #2 du : 11 janvier 2026
c'est un huit clos d'une très grande originalité, tant par le style différent pour la petite bonne, en forme de vers simples, courts, démontrant le niveau scolaire sans doute, à la troisième personne, rapide comme ses pensées, comme une respiration, puis pour Monsieur et Madame, des phrases plus longues, plus riches, démontrant ici le niveau social, marquant le riche vocabulaire, l'éducation, la bourgeoisie...tout est dit, ou plutôt, tout est écrit.

entre la bonne et Monsieur, grand blessé de guerre, enfermé dans sa carapace, va naitre une complicité que personne ne lui a apporté jusque là, entre mots et gestes doux, sincères. Monsieur a une idée derrière la tête, la bonne a compris.

jusqu'où ira cette complicité riche en émotions.

roman psychologique, où gravitent solitude, amertume, gravité, blessure de guerre, souffrance, culpabilité, classes sociales, inégalité sociale.

c'est beau.
Michel-Henri
Appréciation de lecture
La Petite Bonne
Appréciation : 9 / 10
Commentaire #1 du : 16 octobre 2025
L'autrice fait alterner les voix des trois personnages. Deux s'expriment en prose, ce sont les bourgeois, ceux qui manient les mots facilement, mais qui savent aussi s'y cacher. Les vers libres, eux, sont réservés à la petite bonne. Elle use de peu de mots. Elle ne sait pas, elle n'a pas le temps, il faut travailler, tout le temps travailler tant qu'on peut, pour vivre d'abord et surtout, mais aussi pour ne pas penser à ces choses qui vous hantent, ces choses qu'on aurait voulu ne pas faire, mais comment échapper à un destin de misère.

La petite bonne inculte, mais doué d'une extrême sensibilité aux choses, aux êtres, c'est elle qui va faire voler en éclat l'équilibre morbide que les deux autres ont trouvé. Elle se dit maladroite dans le sens où elle est trop brusque, trop braque, incapable de réfréner une spontanéité naturelle. Se retrouver avec Monsieur et jouer sa partition, elle en sera incapable. Il croit la dominer, déjà par sa supériorité de classe, mais aussi par sa souffrance qui lui sert de raison de vivre et de mourir. Elle résiste à ce chantage implicite. En posant sur lui un regard dénué de compassion, mais non d'humanité, un regard lucide, elle le décentre de lui-même, lui fait entrevoir ses propres souffrances, l'oblige à observer son couple de l'extérieur. Elle fait sortir ces deux-là du huis clos où ils s'étaient enfermés.
Son sacrifice ultime pour sauver sa patronne de son sentiment de culpabilité pourrait sembler encore plus admirable, mais par ce sacrifice, elle veut payer sa dette à son propre passé.

La fin reste un peu déroutante, mais après tout pourquoi pas ?
Le style et la forme, s'ils apparaissent au tout début un peu bizarre, sont adaptés au propos et rendent parfaitement compte des rapports qui s'établissent entre les personnages. Les vers libres donnent à la voix de celle qui n'a pas de nom beaucoup de force face à ceux qui ont su rentrer dans le moule de ce qui convenable et dont les paroles sont beaucoup plus convenues.

Citation :
« elle a toujours été brusque
sinon brutale
celle qui casse les verres
ébrèche les assiettes
ça lui a déjà coûté un poste
chez une vieille femme acariâtre
un vase réduit en miettes
elle n'avait pas supporté
ça arrive
elle apprend vite
c'est le défaut de son efficacité
son homme la surnomme
Sa chabraque
un mot de son enfance
de Son village
ça veut dire vieille folle
maladroite
mais dans sa bouche
c'est affectueux
c'est vrai ».

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