Toute la nuit devant nous - MALTE Marcus

Couverture Toute la nuit devant nous

Mestrel part en colonie de vacances dans un château du Touquet qu'on dit hanté. Solitaire et désemparé, il se lie d'amitié avec François, un garçon énigmatique et mutique. Des incidents surviennent. Des disparitions. Du sang. Les vies ordinaires s'ouvrent parfois aux abîmes insoupçonnés du réel. Il en va de Mestrel comme de ces quatre militants écologistes fusionnant dans la mort ou de ce footballeur en herbe dans la banlieue de Marseille. Leurs aspirations se heurtent à l'amour, à la violence, à l'incompréhension, aux impératifs du destin.

Biographie de l’auteur

Marcus Malte a écrit : Intérieur nord (Prix du Rotary Club de la nouvelle) Garden of love (Prix des lectrices de Elle, catégorie policière).

Date première édition: octobre 2008

Editeur: Zulma

Genre: Roman

Mots clés :

Notre avis : 6.60 / 10 (5 notes)

Enregistré le: 31 octobre 2009



Frédéric
Appréciation de lecture
Toute la nuit devant nous
Appréciation : 6 / 10
Commentaire #5 du : 04 mars 2010
Toute la nuit devant nous.

Le fils de l’étoile. Résumé :

Un enfant de dix ans se rend en colonie de vacances dans un château de campagne. Il n’aime pas les colonies de vacances. Il y rencontre cependant un étrange alter ego en la personne de François, qui, comme lui, supporte difficilement l’environnement des colonies : les petits caïds provocateurs, les moniteurs acrimonieux.
Un soir, les enfants de la chambre de notre protagoniste se moquent tous de lui, excepté François, à ce point que le jeune garçon en pleure toutes les larmes de son corps. C’est alors que François lui promet que le reste de la chambrée ne le raillerait jamais plus…

Mon avis :

Il règne en cette nouvelle, une atmosphère empreinte de schizophrénie latente qui n’est pas sans faire penser au roman Garden of love, du même auteur.
François ne serait-il pas l’avers de la personnalité du jeune garçon ? Ne serait-il pas la puissance noire, venant obvier aux faiblesses du blanc revers de la psyché de notre béjaune héros ?


Des noms de fleurs. Résumé :

Ils sont adolescents, ils sont amoureux de leur planète. Ils la veulent saine, non corrompue de souillures, ils veulent la protéger. Ils ne peuvent pas vivre sur une Terre irradiée.
Ils se donnent des pseudonymes fleuris afin de fourbir leur coup d’éclat, leur coup de grâce, en un écarlate bouquet final.

Mon avis :
Marcus Malte évoque la pollution de certaines âmes humaines ; de celles qui sont dépourvues de repères sains et solides ; de celles qui ne peuvent prendre le recul nécessaire à l’analyse de leur environnement immédiat. En découle l’ineptie dramatique de leurs actes. Ces âmes délabrées n’ont d’autre recours, pour se croire sauvées, que de s’abîmer à jamais.

Le père de Francis. Résumé :

Dans une cité phocéenne, un homme s’est battu durant cinq années afin que la municipalité accepte de construire un stade, pour occuper plus sainement les minots. Les enfants n’ont, dès lors, plus besoin de jeter des pierres sur les trains.
Cet homme est le père de Francis. Il a de suite créé un club de football pour les minots de la cité…

Mon avis :
Marcus Malte nous plonge dans l’univers d’une cité marseillaise. Il prête sa plume à la voix d’un petit garçon d’une dizaine d’années qui, à l’instar de nombreux autres, vit le football comme une sub-religion. Nous découvrons via ce minot, un monde dans lequel il n’est pas évident d’entrevoir le soleil qui a trop tendance à se musser derrière d’âpres nuées de violence, de délétères et faciles business. Le football représente alors, non seulement une échappatoire, mais surtout un rêve, une place possible au soleil.
Certaines personnalités cristallisent ce rêve, à l’instar de Zizou ; d’autres aident à le réaliser, comme le père de Francis. Ce dernier devient un pilier, un phare pour les minots.
Le plus dur pour eux, en leur apprentissage, est de ne pas se retrouver perdus dans l’obscurité la plus totale, lorsque ledit phare s’éteint.
Marcus Malte écrit cette nouvelle à la première personne du singulier, en utilisant un vocabulaire parlé, se voulant comporter les déficiences rhétoriques d’un jeune sans grande instruction. Une fois de plus, la sincérité de la démarche d’alliance de la forme au service du fond de l’auteur, rend l’ensemble crédible et prégnant.
Dernière édition : 10 janvier 2024, 11:19:40 par gislaine  
Marie-Claire
Appréciation de lecture
Toute la nuit devant nous
Appréciation : 7 / 10
Commentaire #4 du : 02 février 2010
C'est un recueil de trois nouvelles, noires mais au ton différent pour chacune.
Le fils de l'étoile: Mestrel déteste les colonies de vacances : on se moque de lui. Il rencontre François qui lui promet : "Ils ne t'embêteront plus"
Des noms de fleurs: ils ont 15 ans, 16 ans, ils s'appellent Rose, Lys, Iris, Chardon et ils n'aiment pas leur monde. Ce matin-là, ils ont rendez-vous, c'est le début du mois de mai mais pour eux c'est l'hiver.
Le Père à Francis; dans la banlieue de Marseille , il s'est battu pour ses minots: d'abord un stade puis l'association, le club, les tournois, les médailles, un autre stade avec la pelouse les tribunes, les vestiaires....Lui, il a une chance-sur un million-c'est déjà énorme! Cette chance-là, il faut pas la gâcher!
Trois univers différents mettant en scène des ados et la mort ...Trois nuits différentes mais qui les engloutiront tous.
Une belle écriture
Dernière édition : 02 février 2010, 21:58:55 par moderateur  
Astrid
Appréciation de lecture
Toute la nuit devant nous
Appréciation : 6 / 10
Commentaire #3 du : 30 janvier 2010
3 nouvelles dans lesquelles l'auteur nous fait découvrir les tranches de vie d'adolescents.
Des personnages absolus, sombres dont on explore les tréfonds de l'âme.
Gislaine
Appréciation de lecture
Toute la nuit devant nous
Appréciation : 7 / 10
Commentaire #2 du : 08 décembre 2009
Petit recueil de nouvelles : Le fils de l’étoile, Des noms de fleurs et Le père à Francis.

Trois nouvelles, très agréables à lire, sur le même thème : les adolescents et la mort.
Grâce à un savant mélange de quotidien et d’émotion, d’ordinaire et de cruauté, de rêves et de désillusions, Marcus Malte, nous emmène dans un roman noir ... le dénouement sera tragique.

Les histoires sont dures mais l’écriture est douce.
Michel-Henri
Appréciation de lecture
Toute la nuit devant nous
Appréciation : 07 / 10
Commentaire #1 du : 18 novembre 2009
Marcus Malte nous entraîne à travers ses trois nouvelles dans les arcanes sombres de l'enfance et surtout de l'adolescence. A chaque fois l'atmosphère est complètement différente mais toujours apparaît une maîtrise poétique du décor. Ces trois nouvelles semblent correspondre à trois âges : la première se situe à la charnière de l'enfance et de l'adolescence avec ses premiers émois amoureux et l'ambivalence de l'enfant à l'égard de son camarade. Mais s'éloignant très vite des clichés sur les colonies de vacances, l'auteur nous entraîne dans les phantasmes de l'enfant. Ici nous n'avons pas le point de vue de l'adulte qui se souvient mais nous rentrons directement dans cet univers qui se situe entre le conte pour enfant fait de châteaux et de fées et et le roman noir où les méchants sont de vrais méchants pervers. Et de ça Marcus Malte nous dit qu'on n'en sort pas en sortant de l'enfance.
Dans la deuxième nouvelle, les choses redeviennent palpables et concrètes. L'angoisse pourtant est là présente. A travers des vies ordinaires - trop ordinaire ?- on devine la fracture. Ici Marcus Malte nous parle de l'adolescence, de cette adolescence qui s'éveille au monde et fait sienne les peurs du siècle. Il nous décrit avec soin le processus qui d'une simple prise de conscience va mener à l'acte irrémédiable.
Dans la dernière nouvelle, sans soute la plus noire, Malte nous donne à entendre la parole du jeune adulte qui regarde le temps de la jeunesse tout juste derrière lui. Il n'y a même pas de regrets ou de plaintes puisque tout ce qui est arrivé était inéluctable. Le narrateur semble nous dire, accablé, qu'il n'y a nul moyen d'échapper à son destin. Malgré les bon moments et même les moments de gloire, la désespérance est toujours là. Il n'y a plus rien hormis peut-être la prière.

Extraits :

« J'avais l'impression qu'il savait des choses dont je soupçonnais à peine l'existence. Comme s'il avait roulé sa bosse à sur tous les continents tandis que je tournais en rond dans ma chambre d'enfant. J'étais la larve, il était le papillon. J'étais le jeune apache, il était le vieux chef tétant son calumet au fond du tipi, le regard tourné vers l'invisible. Quelque chose comme ça. » (page 16)

«  - On n'a pas le choix, dit-il .
Rose acquiesce en hochant compulsivement la tête. Elle ne dit rien car elle craint de ne pouvoir émettre aucun son à travers sa gorge nouée et elle craint par-dessus tout de laisser échapper ces larmes qui lui brûlent les paupières. » (page 84)

« Après je voulais plus partir. Je voulais plus quitter le terrain. Avant de retourner aux vestiaires j'avais arraché un morceau de pelouse pour le garder en souvenir et je l'avais mis dans une boîte en rentrant à la maison. Je l'ai toujours dans ma chambre. » (page 117)
Dernière édition : 29 novembre 2009, 13:49:41 par moderateur  

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