Lettres choisies - SEVIGNE Madame de

Couverture Lettres choisiesMadame de Sévigné, célèbre sans avoir jamais rien publié, demeure sans doute l'écrivain français le plus cité et le moins connu.
Le mariage de sa fille, en 1670, avec le comte de Grignan, le départ de cette fille idolâtrée pour la Provence marquent le début d'une correspondance qui veut d'abord et surtout combler le vide de l'absence.
En marge du Grand Siècle et de ses œuvres d'apparat, les Lettres de Madame de Sévigné sont un peu la conscience intime de son temps. En même temps, au fil des années s'approfondit un de nos plus grands écrivains du " moi ", qu'il n'est pas injuste de placer entre Montaigne et Stendhal. De la mode à la Mort, de Dieu à l'argent, tout se glisse dans la lettre à travers le prisme d'un amour à la fois sombre et lumineux. La raison des classiques y côtoie une imagination souvent fantastique ; la sagesse s'y mêle à la folie, le besoin de séduire à celui de se dire.

Biographie de l’auteur

Marie de Rabutin-Chantal, Marquise de Sévigné, née le 5 février 1626 à Paris et morte en 1696 au château de Grignan, est une épistolière française. Elle fut veuve à 26 ans. La correspondance avec sa fille, Françoise-Marguerite de Sévigné, comtesse de Grignan, s’effectua à peu près pendant 25 ans au rythme de 2 ou 3 lettres par semaine. Les lettres firent d’abord l’objet d’une première édition clandestine en 1725.

 

Date première édition: janvier 1726

Editeur: Hachette

Genre: Roman

Mots clés :

Notre avis : 10 / 10 (1 note)

Enregistré le: 07 juin 2013



Ingrid
Appréciation de lecture
Lettres choisies
Appréciation : 10 / 10
Commentaire #1 du : 03 juillet 2013
Voici ma lettre préférée... elle a traversé l'Histoire de ces derniers siècles, sans prendre une seule ride ...

Le madrigal du Roi
Cette "historiette" évoque le piège tendu par Louis XIV à un de ses courtisans, auquel il fait lire un poème... sans lui dire que c'est lui, le Roi, qui en est l'auteur ! (lettre à Pomponne du lundi 1er décembre 1664)

Il faut que je vous conte une petite historiette, qui est très vraie et qui vous divertira. Le Roi se mêle depuis peu de faire des vers ; MM. de Saint-Aignan et Dangeau lui apprennent comme il s'y faut prendre. Il fit l'autre jour un petit madrigal, que lui-même ne trouva pas trop joli. Un matin, il dit au maréchal de Gramont : « Monsieur le maréchal, je vous prie, lisez ce petit madrigal, et voyez si vous en avez jamais vu un si impertinent. Parce qu'on sait que depuis peu j'aime les vers, on m'en apporte de toutes les façons. » Le maréchal, après avoir lu, dit au Roi : « Sire, Votre Majesté juge divinement bien de toutes choses : il est vrai que voilà le plus sot et le plus ridicule madrigal que j'aie jamais lu.» Le Roi se mit à rire, et lui dit : « N'est-il pas vrai que celui qui l'a fait est bien fat ? - Sire, il n'y a pas moyen de lui donner un autre nom. - Oh bien ! dit le Roi, je suis ravi que vous m'en ayez parlé si bonnement ; c'est moi qui l'ai fait. - Ah ! Sire, quelle trahison ! Que Votre Majesté me le rende ; je l'ai lu brusquement. - Non, Monsieur le maréchal : les premiers sentiments sont toujours les plus naturels. » Le Roi a fort ri de cette folie, et tout le monde trouve que voilà la plus cruelle petite chose que l'on puisse faire à un vieux courtisan. Pour moi, qui aime toujours à faire des réflexions, je voudrais que le Roi en fît là-dessus, et qu'il jugeât par là combien il est loin de connaître jamais la vérité.

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