Divorce à la française - ABECASSIS Eliette

Couverture Divorce à la française

Le « divorce à la française » n’est pas un « jardin à la française » : c’est une boucherie !
Antoine et Margaux Maurepas se sont aimés et ont eu ensemble deux enfants. Lui est chirurgien, elle est romancière. Voilà qu’au moment de divorcer, ils se déchirent pour la garde de leurs enfants.
Le mari, la femme, le fils, la fille, la mère de l’un, la mère de l’autre, la deuxième épouse de l’un, le frère de l’autre, l’ami de l’un, l’amant de l’autre, l’éditeur de l’une, la comptable de l’autre : plus les témoignages se succèdent auprès de la Juge aux Affaires familiales, plus la vérité se dérobe : Est-elle folle, est-il un pervers manipulateur et violent, qui est infidèle à qui, qui instrumentalise les enfants, qui complote avec sa mère, qui a le pouvoir symbolique et le pouvoir financier, entre l’écrivaine qui invente des fictions et le chirurgien qui opère ses patients ? Qui est le bourreau, qui est la victime ? Un tourbillon de témoignages, auditions, procès-verbaux, qui se contredisent sur les faits comme sur leur interprétation, et autant de versions à démêler, pour la Juge comme pour la lectrice et le lecteur, qui se trouvent exactement dans la même position d’inconfort qu’elle : chacune et chacun est crédible quand on l’écoute ou le lit, et pourtant rien ne s’accorde dans ce puzzle d’une famille éclatée.
Les enfants pourront-ils échapper au jugement de Salomon ? La décision juste devant la loi sera-t-elle la bonne décision??
Ce sont certaines des interrogations qui traversent ces pages vertigineuses, où tous se reconnaîtront et essaieront de démêler le vrai du faux et de sauver ce qu’il reste à sauver.
Le procès impitoyable du couple, de la fiction et de la société. Un huis clos étourdissant où Eliette Abécassis assoit plus que jamais son talent de romancière.

Biographie de l'auteur

Eliette Abécassis, née en 1969, est une femme de lettres, réalisatrice et scénariste française.

Son père, Armand Abécassis, est un des professeurs les plus renommés du judaïsme, tandis que sa mère est psychologue pour enfants. Elle-même est pratiquante. Son éducation et sa vie sont imprégnées de la religion et de la culture juive.

Après des études en hypokhâgne et khâgne au lycée Henri IV à Paris, elle est admise à l'École normale Supérieure et obtient l'agrégation de philosophie.
À 23 ans, elle part un an aux États-Unis, à Cambridge, grâce à une bourse d'étude.
Elle écrit alors son premier roman, "Qumran", un roman policier métaphysique qui traite de meurtres mystérieux liés à la disparition de manuscrits de la mer Morte.

En septembre 2000, elle publie chez Albin Michel "La répudiée".
Elle reçoit le Prix des écrivains croyants 2001.
Ce roman s'inspire du scénario qu'elle a écrit pour le film "Kadosh" du réalisateur israélien Amos Gitaï.

En 2001, "Le trésor du temple" relate la suite de "Qumran" sur les traces des Templiers. La même année, elle réalise le court-métrage "La nuit de noces" dont le scénario est coécrit avec Gérard Brach.

En 2002 paraît le roman "Mon père" tandis que "Qumran" est adapté en bande dessinée par Gémine et Makyo.
En 2003, son roman "Clandestin" raconte l'histoire d'un amour impossible.
En 2004 paraît le dernier volet de Qumran, "La dernière tribu".
En 2005, avec son roman "Un heureux événement" Éliette Abécassis aborde le thème de la maternité.
Elle réalise également le documentaire-fiction "Tel Aviv la vie" avec Tiffany Tavernier.
En 2007, elle publie avec Caroline Bongrand un essai sur les femmes d'aujourd'hui, intitulé "Le Corset invisible".
En 2009, elle publie le roman "Sépharade" qui obtiendra le prix Alberto Benveniste en 2010.
En 2011, elle publie "Et te voici permise à tout homme" dans lequel elle raconte les difficultés d'obtenir le divorce religieux.
La même année sort le film "Un heureux événement" adapté de son livre éponyme.
En 2013, elle publie un thriller historique et ésotérique, "Le palimpseste d'Archimède."
En 2014, elle publie "Un secret du Docteur Freud".
En 2015 paraît "Alyah", relatant les doutes d'une femme juive française en crise identitaire.
En 2018 sort Le Maître du Talmud, nouveau thriller historique qui se passe à l'époque de Louis IX et qui se penche sur les tendances populaires à chercher une victime expiatoire.

2020, Nos rendez-vous  2021, Instagrammable   2023, Un couple   2023, Sépher

Date première édition: octobre 2024

Editeur: Grasset

Genre: Roman

Mots clés :

Notre avis : 7 / 10 (1 note)

Enregistré le: 13 janvier 2025



Michel-Henri
Appréciation de lecture
Divorce à la française
Appréciation : 7 / 10
Commentaire #1 du : 14 janvier 2025
Ce roman nous emmène dans les arcanes judiciaires d'un divorce compliqué. En fait le divorce a déjà eu lieu depuis des années et depuis des années ce couple parental se déchire et échoue en justice pour cela, parce qu'ils ont toujours remis en cause les accords qu'ils avaient pu passer. Souvent les douleurs d'un divorce s'apaisent parce qu'il faut bien finir par préserver les enfants. Ici c'est le contraire, les enfants servent de prétexte pour continuer la guerre.
J'ai apprécié la forme du roman qui est en fait présenté comme les pièces d"un procès, une succession de témoignages, d'expertise, de plaidoiries et presque achevé par les minutes d'un jugement.
Le lecteur est pris à parti par la romancière. Jusqu'au bout nous nous demandons qui dit vrai et même s'il y a une vérité. Je dois reconnaître que dès le départ je me suis retrouvé dans le camp de Margaux mais malgré tout il y avait un doute. Cependant tout ce qui était factuel était plutôt à charge contre Antoine alors que tout ce qui pouvait être retenu contre Margaux ressortait du psychologique, rien de concret. Alors la fin ne m'a pas trop étonné tant je la redoutais.
Ce roman outre son intérêt purement littéraire, met en lumière les relents du patriarcat dans notre société. Père et mère viennent à égalité devant le juge mais le sont-ils vraiment ? La société a déjà désavantagé l'une par rapport à l'autre quand ils arrivent au procès. Dans ce livre tous les mécanismes sous-jacent à cette inégalité de genre sont bien mis en évidence. L'inégalité économique d'abord puisque Margaux bien qu'ayant des revenus bien supérieurs à ceux d'Antoine au départ va se retrouver complètement spolier à la fin, l'un a fait jouer la solidarité légal lié au mariage au détriment de l'autre. Une inégalité psychologique également puisque l'entourage va d'emblée soupçonner la mère de n'être pas "une bonne mère" puisque, soit disant, elle pense à son avenir, sa carrière avant ses enfants. Pour le père, il lui suffira de montrer quelques signes d'attention à ses enfants pour qu'il soit taxé d'être "un bon père".
Il ne s'agit pour Éliette Abécassis de remettre en cause la justice puisqu'après tout le jugement paraît assez équilibré. Mais elle montre que cette décision de justice comme l'ensemble de notre société est entachée d'un biais cognitif qui nous fait voir les choses à travers un prisme patriarcal.
Bref j'ai apprécié cet ouvrage pour sa forme originale et surtout pour la problématique soulevée.

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