Le cirque russe de Lacretelle - SAMIC Jasna

Couverture Le cirque russe de Lacretelle

Kate, journaliste anglaise installée à Dieppe, y rencontre Michel, d’origine russe. Celui-ci lui raconte la vie extravagante de ses ascendants et de leurs amis, Russes blancs installés rue Lacretelle, dans le 15e arrondissement de Paris. On y rencontre un médecin de la famille impériale, un avocat et un amiral que l’exil pousse au désespoir, des femmes qui adorent Mussolini, une autre éprise des beaux officiers nazis qui doivent débarrasser la Russie des « monstres rouges », quelques chauffeurs de taxi, des princesses et autres comtesses...
Pour oublier la révolution d'Octobre et la nostalgie de leur patrie bien-aimée, ces déracinés se retrouvent chaque samedi pour un Cirque costumé où ils chantent, dansent et boivent. Michel et Kate rendent souvent visite à Aram, peintre ayant pu quitter l’URSS parce que juif. Ils y fréquentent d’autres Russes fraîchement installés dans la région, des oligarques de passage, une « ex-fonctionnaire » du KGB, un chanteur d’opéra au chômage, l’une ou l’autre snob parisienne, et y dégoisent à propos de Poutine, de l’Ukraine, des Français, sans oublier MeToo.

Biographie de l'auteur

Jasna Samic, née à Sarajevo (Bosnie-Herzégovine), est une écrivaine bosniaque qui partage sa vie, depuis une quarantaine d'années, entre Paris et sa ville natale. Elle constate, depuis quelques années, l’émergence d’un islam radical dans une Bosnie qui n’a toujours pas guéri des séquelles de la guerre de 1992-1995. 
 
Spécialiste des langues, littératures et civilisations orientales, elle écrit en français et en bosnien. Ses ouvrages ont obtenu plusieurs distinctions internationales, dont, en Belgique, le prix Gauchez-Philippot pour son roman « Portrait de Balthazar » (M.E.O. 2012), le prix du public du Salon du livre des Balkans, le prix chinois Zheng Nian Cup... Elle est titulaire du prix Naji Naaman pour l’ensemble de son œuvre. 
Elle a enseigné aux universités de Sarajevo et de Strasbourg, a été directeur de recherche associé au CNRS, a collaboré à France-Culture et à Radio-France Internationale.
Lauréate du programme Missions Stendahl, elle dirige actuellement la revue littéraire Književna Sehara, publiée en serbo-croate, français et anglais. Elle est auteur de nombreux ouvrages scientifiques sur le soufisme et l’Histoire des Balkans ainsi que d'essais, de romans, de nouvelles, de poésie et de théâtre. Elle a réalisé de nombreux films documentaires sur ces mêmes thèmes. Elle écrit aussi bien en français qu'en bosnien ('serbo-croate').

Date première édition: novembre 2024

Editeur: Mode Est-Ouest

Genre: Roman

Mots clés :

Notre avis : 6 / 10 (2 notes)

Enregistré le: 02 mars 2026



Marinette
Appréciation de lecture
Le cirque russe de Lacretelle
Appréciation : 6 / 10
Commentaire #2 du : 02 mars 2026
Une journaliste anglaise rencontre Michel, à Dieppe, ville dans laquelle ils partagent une résidence.

Michel, d’origine russe, va lui faire découvrir et partager les récits de certains membres de sa famille et la vie d’une communauté de Russes blancs, émigrés à Paris, pour avoir fui les Bolcheviks.

L’occasion de revisiter l’histoire, de 1917 à nos jours. J’ai beaucoup aimé toute la 1ère partie de ce livre, riche et loufoque en anecdotes sur cette diaspora russe. Espérant retrouver leur pays et leur mode de vie aristocratique, organisant des fêtes hebdomadaires rue Lacretelle, dans le 15eme arrondissement de Paris, fondant quelque espoir en Hitler pour se débarrasser des « Rouges ». Beaucoup de thèmes sont abordés, la débrouille pour survivre, loin de ses origines, les références littéraires à Dostoievski, Tourgueniev, Tchekhov, le suicide de certains, l’antisémitisme…

Cette première partie foisonne et apporte une vision sociologique de cette population aristocratique émigrée. En revanche, j’avoue ne pas avoir compris les 2 dernières parties, centrées sur le personnage de Michel et surtout sur sa sexualité.
Gislaine
Appréciation de lecture
Le cirque russe de Lacretelle
Appréciation : 6 / 10
Commentaire #1 du : 02 mars 2026
La rue Lacretelle dans le 15eme arrondissement de Paris m'intrigue et dès que j'en aurai la possibilité, j'irai visiter ce quartier.

Ce roman a été écrit par Jasna Samic, originaire de Bosnie-Herzégovine et qui écrit dans notre langue d'une manière remarquable. Compliment Madame !

Le cirque russe De Lacretelle est un RDV hebdomadaire où se retrouvaient les Russes Blancs pour faire la fête. Ils se déguisaient, buvaient et chantaient. Les Russes Blancs sont pour la plupart des aristocrates qui ont fui devant l'arrivée au pouvoir des Bolcheviks en 1917. Je pensais que beaucoup s'étaient installés dans le sud de la France, région de Nice, mais en fait, il y avait une communauté importante en région parisienne.

Le roman oscille entre présent et passé par le biais d'une journaliste anglaise installée à Dieppe, qui après avoir rencontré par hasard Michel, un descendant russe, va parcourir l'album de famille et en relater les grandes lignes.

Le livre se divise en 3 parties : Les fantômes De Lacretelle – Michel – Michel et ses amis.
J'ai beaucoup aimé le début, qui relate l'épopée de cette famille marchande de tapis, native de Samarcande sous domination russe au 19eme siècle, qui progressivement va se déplacer vers l'ouest. Il est question de personnages hauts en couleur, tantôt impulsifs, tantôt nostalgiques.
Jolie saga familiale ! Ces exilés gardent toujours l'espoir d'un retour en Russie et pensent que Hitler et les Nazis sont la solution. C'est une véritable immersion sociologique et historique. Je pense qu'on peut faire confiance à l'autrice.

Une multitude de personnages peuplent ce roman, mais comme ils sont trop brièvement racontés, le lecteur n'a pas le temps de s'intéresser à eux. Les romans de Dostoïevski sont régulièrement cités comme pour expliquer que l'homme n'est jamais satisfait, qu'il désire toujours plus. Puis mon intérêt s'est estompé avec le personnage de Michel que j'ai trouvé relativement égocentrique, s'intéressant surtout à la recherche de nouveaux amants.
Âmes sensibles, évitez la page 220 et la soirée « sado-maso » dans un garage. Carrément écœurant !

Au final, un livre fort intéressant. Dommage, je n'ai pas accroché les 30 dernières pages. Cependant, je vais me procurer un autre roman de cette autrice !

Ecrire un avis de lecture

  • Les champs obligatoires sont marqués avec une *.

Si vous avez des difficultés à lire le code, cliquer sur le code lui-même pour en générer un nouveau.
Recopier le code de sécurité :