Le syndrome de Fritz - BORTNIKOV Dmitri

Couverture Le syndrome de FritzParis, rue des Thermopyles. Dans un squat d'émigrés, sur le lit défait d'une pièce glacée, un homme écrit à même son drap. Il convoque fébrilement sa mémoire pour recréer sa terre d'origine : la Russie. Cette invocation passe d'abord par le regard du jeune garçon sur une campagne dure, crue, intemporelle, faite de fantasmes et de déchirures. L'enfant obèse, protégé par son arrière-grand-mère aveugle, choisit la posture du bouffon pour affronter sa famille déjantée : un grand-père éternellement soûl, conteur hilare de fables morbides ; un père qui le hait et qu'il cherchera à étouffer de toute sa graisse lors d'une bagarre... C'est ensuite l'épreuve de l'armée, au fin fond de l'Arctique, un nouveau corps né des frustrations et de l'angoisse, et la découverte brutale d'un monde exclusivement masculin. C'est aussi une langue, âpre, dense, charnelle, où la dérision et l'humour s'unissent au désespoir, et dont les images saisissantes emmènent le lecteur sur les bords d'un gouffre. Un voyage intérieur, dont le sulfureux louri Mamleev écrit, dans la préface à l'édition russe, qu'il fait pénétrer dans le secret de l'âme humaine - et, tout à la fois, dans la cruauté et la beauté du monde.

Biographie de l'auteur

Né à Samara en 1968, Dmitri Bortnikov est l'une des voix les plus talentueuses de la littérature russe contemporaine. Il a été tour à tour cuisinier, aide-soignant dans une maternité, professeur de danse et légionnaire. Le Syndrome de Fritz a reçu le Booker Prize russe en 2002, ainsi que le Prix du best-seller national. Son deuxième roman, Svinobourg (Le Seuil, 2005), a été salué par la critique. Dmitri Bortnikov vit aujourd'hui à Paris.

Date première édition: octobre 2010

Editeur: Noir sur Blanc

Genre: Roman

Mots clés :

Notre avis : 7 / 10 (1 note)

Enregistré le: 07 juillet 2017



Gislaine
Appréciation de lecture
Le syndrome de Fritz
Appréciation : 7,5 / 10
Commentaire #1 du : 07 août 2017
Dès les premières pages, ce roman vous prend aux tripes tant par la violence que par la lucidité des propos. L’écriture est âpre et charnelle.

La première partie nous plonge dans l’univers d’un squat en France où un soldat de l’ex-URSS est devenu SDF. Le personnage est un cabossé par la vie (récit certainement autobiographique) qui décide d’écrire ses souvenirs. Alors il raconte la brutalité de son enfance obèse malmenée par des parents cruels et terribles. Seule sa grand-mère aveugle, lui apporte un peu de réconfort.
La deuxième partie nous fait découvrir la répression et l’absurdité du service militaire dans une armée de fin d’URSS. Il n’y a pas de place pour les envies de libertés et encore moins pour les pulsions homosexuelles. Ce sera double peine dans ce monde de brutes. Pas d’apitoiement sur soi-même : « On a survécu. Point barre ».

En 2002, le Syndrome de Fritz a reçu le Booker Prize russe.

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