Les spectateurs - AZOULAI Nathalie

Couverture Les SpectateursDans le salon d’un petit appartement, un enfant de 13 ans, sa petite sœur et ses parents regardent la télévision. Le général de Gaulle, président de la République, y donne une conférence de presse qui les sidère. Celle du 27 novembre 1967. L’enfant comprend en direct qu’on peut avoir à quitter son pays natal, comme ses parents chassés de chez eux quelques années plus tôt. Bouleversé, il veut savoir comment ça s’est passé et questionne ce premier exil. Il leur demande quand et comment on décide de partir, ce qu’on emporte dans ses valises, ce qu’on laisse derrière soi mais, à toutes ses questions, personne ne répond vraiment, comme si on lui cachait quelque chose. Le soir même de la conférence, sa mère se confie à sa voisine Maria, une couturière qui lui confectionne toutes ses robes d’après celles que portaient les stars hollywoodiennes des années 40. Rita Hayworth, Lana Turner, Gene Tierney, des figures qui accompagnent sa vie et qu’elle invoque à tout bout de champ. De l’autre côté du mur, l’enfant reconstitue les menaces, le départ, les adieux, et parvient à recoudre les différents pans d’une histoire qui entrelace l’amour et le secret, l’exil et le cinéma, l’Orient et l’Occident...

Biographie de l'auteur

Nathalie Azoulai a déjà publié plusieurs livres. Au Seuil : Mère agitée (2002), C est l'histoire d'une femme qui a un frère (2004), Les Manifestations, (2005). Chez Flammarion : Une ardeur insensée, (2009) et Les Filles ont grandi, (2010). Elle a publié aux éditions P.O.L : Titus n'aimait pas Bérénice qui a obtenu le prix Médicis en 2015.

Date première édition: janvier 2018

Editeur: POL

Genre: Roman

Mots clés :

Notre avis : 4 / 10 (2 notes)

Enregistré le: 31 mars 2018



Michel-Henri
Appréciation de lecture
Les spectateurs
Appréciation : 7 / 10
Commentaire #2 du : 16 avril 2018
Le parti-pris de ce livre c’est de nous donner à entendre la voix d’un enfant de 13 ans. Le narrateur se met à la hauteur de cet enfant et lui donne voix. Non seulement il le fait parler mais il le fait vivre et regarder son entourage avec les yeux de l’adolescence. Ce petit homme sait déjà le monde et sa méchanceté, il en connaît les codes mais il n’a pas toutes les clés, il lui faut découvrir maintenant ce qui se cache derrière les portes. En particulier toutes celles que ses parents lui ont soigneusement cachées.
L’auteure nous donne ainsi à voir à travers l’histoire de cette famille, l’Histoire d’un exil, celui des juifs séfarades chassés des pays arabes après la création de l’état d’Israël. Mais attention ici rien d’explicite, tout se devine aux différentes péripéties et au discours de de De Gaulle en 1967.
Les personnages d’ailleurs ne sont pas des acteurs de cette histoire ils en sont « les spectateurs » passifs. Ils ont subi l’exil sans se rebeller, ils vivent ce nouvel épisode de l’histoire d’un peuple par procuration à travers la victoire d’un pays qui n’est pas le leur.
C’est d’autant moins explicite que les parents ont trouvé des dérivatifs à leur mal-être. Pour le père c’est une admiration pour le Général, une admiration exigeante mêlée d’amour déçu mais surtout c’est les obsessions de la mère qui servent de fil conducteur au récit. Cette femme vit par procuration à travers les actrices américaines des années 40 et 50 et en particulier à travers leurs robes. Toute sa vie se résume à ces références cinématographiques qui font d’elle une excentrique, séductrice pour les hommes mais sans doute aussi objet de moquerie.
Le garçon voit tout ça, il le devine et le découvre petit à petit. Il découvre l’histoire de l’exil, il découvre l’histoire de sa mère et petit à petit le monde de l’enfance qu’il croyait stable s’écroule. Il ira jusqu’à croire à un prochain exil, un nouvel exil de sa famille. Son seul ami, Pepito, est lui aussi fils d’une autre immigration et il devra également faire son deuil de cette amitié.
Il va devoir sur tout ces lambeaux s’inventer un nouveau destin. et ce destin à construire c’est sa petite sœur qui en donne la meilleure image. Une malformation congénitale l’oblige à ramper et pour marcher elle va devoir subir une opération terrible qui l’immobilise et la « torture » plusieurs semaines durant. Elle va devoir reconstruire son corps, apprendre à marcher au sens propre, comme le jeune héros qui lui aussi devra au sens figurer apprendre à composer, se recomposer dans ce monde où il doit s’inventer des racines.
Le style est assez déroutant puisque tous les dialogues sont intériorisés, pas de tiret à la ligne. Cela peut paraître un peu brouillon de prime abord mais permet de bien suivre la pensée du garçon, la façon dont fonctionne la pensée.
Nous ne connaissons pas les prénoms des membres de la famille alors que ces prénoms ne sont pas sans importances et sont même objet d’inquiétude pour le fils. Les personnages sont désignés par leur fonction comme père, mère, fils ou fille, par un pronom il ou elle. C’est une façon de ne pas leur donner trop de chair, les rendre plus universels, de la même façon qu’il n’est jamais fait référence explicite à leur judaïté ou au pays dont ils sont originaires.
J’ai trouvé cependant que parfois l’auteure se voulait trop insistante sur les robes, les essayages. Certes on a plaisir à lire ces descriptions de tissus ou de couleurs, de formes ou de drapés mais à la longue ça devient un peu lassant car cela casse un peu le rythme du récit.
Rachid
Appréciation de lecture
Les spectateurs
Appréciation : 1 / 10
Commentaire #1 du : 08 avril 2018
Je n'ai pas apprécié ce livre qui aborde le thème de l'exil vu par un enfant de 13 ans. D'un bout à l'autre du roman, tout reste énigmatique, la période, le pays d'origine de la famille, les causes de l'exil. Le seul ancrage est constitué par la conférence du général de Gaulle en 1967. On devine qu'il s'agit de la guerre des 6 jours, entre Israël et l'Égypte, sans jamais en avoir la certitude. Tout cela est vu par un enfant qu'on maintient dans l'ignorance d'une histoire familiale douloureuse. Et qui essaie de comprendre pourquoi son père est si furieux en écoutant l'allocution du général. Aucune réponse de la part de sa mère qui fuit la réalité en s'immergeant dans les scènes du cinéma hollywoodien des années 40, de ses stars et de leurs élégantes robes.

Au départ tout est évoqué par petites taches floues, on pense que les choses vont s'éclaircir, mais non ! Les taches floues se multiplient sans cesse et j'ai fini par m'agacer et par pester contre ce livre que j'ai trouvé très difficile à lire. Les commentaires et les références aux films des années 40 et à l'élégance supposée des robes portées par les vedettes féminines m'ont donné envie d'arrêter la lecture plusieurs fois.

À vouloir dégager les sentiments universels liés à l'exil, sans réellement s'appuyer sur un exemple concret, l'auteur a écrit un roman que je trouve énigmatique et agaçant, aux contours flous et incertains.

Décevant !

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