Souvenirs de la marée basse - THOMAS Chantal

Couverture Souvenirs de la marée basseNager. Nager pour fuir les contraintes, pour échapper aux vies imposées, aux destins réduits. Nager pour inventer sa sensualité, préserver sa fantaisie. C'est ce qu'a sans doute ressenti Jackie toute sa vie, commencée en 1919 et menée selon une liberté secrète, obstinée, qui la faisait, dans un âge bien avancé, parcourir des kilomètres pour aller se baigner sur sa plage préférée, à Villefranche-sur-Mer. Entre-temps, elle s'était mariée, avait quitté Lyon pour Arcachon, puis, devenue jeune veuve, avait échangé le cap Ferret contre le cap Ferrat, avec sa mer plus chaude, son grand été.
Qu'a-t-elle légué à sa fille Chantal ? Quelque chose d'indomptable, ou de discrètement insoumis, et cette intuition que la nage, cette pratique qui ne laisse aucune trace, est l'occasion d'une insaisissable liberté, comme lorsque jeune fille, au début des années 30, Jackie avait, en toute désinvolture, enchaîné quelques longueurs dans le Grand Canal du château de Versailles sous l'oeil ahuri des jardiniers.

Biographie de l'auteur

Chantal Thomas, née en 1945, romancière et essayiste, a été révélée au grand public en 2002 avec Les Adieux à la Reine, livre adapté au cinéma par Benoît Jacquot (dont le film a été récompensé par le prix Louis-Delluc). Son œuvre romanesque a été traduite avec succès dans de nombreux pays.

Date première édition: août 2017

Editeur: Seuil

Genre: Roman

Mots clés :

Notre avis : 6 / 10 (2 notes)

Enregistré le: 31 mars 2018



Michel-Henri
Appréciation de lecture
Souvenirs de la marée basse
Appréciation : 6 / 10
Commentaire #2 du : 19 avril 2018
Dommage que, pour des raisons de marketing sans doute, les éditeurs apposent la qualification de roman sur à peu près tout. IL ne s’agit absolument pas d’un roman mais d’un récit autobiographique. Ce sont même une suite de scènes qui suivent quand même une chronologie. Il y a deux partie bien distinctes. Dans la première l’auteure nous parle de son enfance à Arcachon avec des références à l’histoire de ses grands-parents et de ses parents. Dans la seconde elle nous parle de sa relation avec sa mère vieillissante. Le fil conducteur entre les deux justement, c’est sa mère.
Elle nous décrit avec beaucoup de délicatesse comment elle se construit en rapport à cette mère fantasque et dépressive. Cette mère sportive qui refuse la compétition ! Et cette mère aimante mais tellement absente.
Dans la seconde partie alors qu’elle est éloignée géographiquement d’elle, paradoxalement elle s’en rapproche. Elle saisit et s’en culpabilise combien Jackie a été incomprise de ses proches sauf peut-être Félix son père.
Quant au père de la narratrice, Armand, elle en parle en creux. Lui s’est muré dans le silence.
Que faire de tout ces non-dits et ces silences sinon inventer des paroles pour les mettre en mots ?
Elle y réussit plutôt bien et sa description de la vieillesse de sa mère est vraiment pleine d’une belle pudeur.
Il flotte sur tout ceci un parfum de nostalgie qui nous gagne et nous chavire, qui nous ramène malgré nous vers les chemins de notre propre enfance. Cette description d’une enfance est particulièrement perspicace. Nous en retrouvons tous les ingrédients qui vont de l’insouciance à la rêverie en passant par la radicalité.
L’emploi du présent nous permet de nous plonger dans cette instantanéité et les scènes se suivent comme les différents plans d’un film, comme une suite ce cartes postales envoyées du passé.
Marie-Claire
Appréciation de lecture
Souvenirs de la marée basse
Appréciation : 6 / 10
Commentaire #1 du : 16 avril 2018
Dans la première partie, l’auteur évoque son enfance à Arcachon où elle est persuadée de vivre dans le plus bel endroit du monde .Son territoire : la plage et elle égrène les souvenirs au travers de toutes les sensations : le toucher, l’odeur, le goût, la vue , l’ouïe…. La mer, le sable, la ville , les rencontres ...ce n’est pas organisé,les réminiscences surgissent au fil de la mémoire. Elle y fait aussi le portrait de sa mère, femme libre, passionnée de natation et assez peu maternelle et cette figure est au centre de la deuxième partie.
Devenue adulte, Chantal Thomas se rapproche de sa mère, veuve, qui a rejoint les rives de la Méditerranée .Elle raconte sa renaissance sous le soleil puis sa vieillesse avec toujours l’obstination de la nage qui la rend libre et enfin la perte de la mémoire …
J’ai été émue par la fin du livre alors que j’ai eu du mal à me laisser séduire par la première partie pourtant bien écrite et érudite : elle cite Colette, Gide, Madame de Sévigné…Peut-être la magie des paysages marins n’a -t-elle pas opéré ?

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