Le silence du bourreau - BIZOT François

Couverture Le silence du bourreau

1971. L'ethnologue français François Bizot est arrêté au Cambodge par les Khmers rouges : détenu pendant trois mois et condamné à mort, il est libéré grâce à l'intervention de son geôlier, un jeune révolutionnaire idéaliste du nom de Douch. 1988. En visitant l'ancien centre de torture de S21, Bizot découvre que son "libérateur" est responsable de la mort de milliers de personnes. 2003. Bizot revoit Douch pour la première fois. Un étrange dialogue se poursuit au-delà de leur rencontre, où Douch s'expose avec une sincérité déroutante. 2009. Au procès des Khmers rouges, dont Douch est à ce jour l'unique accusé, Bizot est le seul témoin convoqué par la Chambre. Dans une déposition bouleversante, dédiée à la mémoire de ses compagnons disparus, il expose la tragique interrogation qui est au centre de sa vie, comment reconnaître les crimes des bourreaux dans toute leur dimension sans mettre en cause l'homme lui-même ? Comment faire face à Douch sans nous regarder dans le miroir ? Le silence du bourreau retrace les différentes étapes du dévoilement intérieur, douloureux, jamais achevé, par lequel une innocence est perdue pour toujours. Ce récit personnel, d'une intensité égale à celle du Portail, rejoint la collection très limitée des oeuvres écrites face à l'extrême, et qui nous permettent, dans la lucidité et la terreur, d'instruire cet éternel dossier que Romain Gary appelait "l'Affaire Homme".

Biographie de l'auteur

François Bizot, né à Nancy en 1940, est un anthropologue français, spécialiste du bouddhisme de la péninsule du sud-est asiatique, à l'École française d'Extrême-Orient (EFEO). Il est l'auteur du Portail (2001).

Date première édition: septembre 2011

Editeur: Flammarion

Genre: Roman

Mots clés :

Notre avis : 7 / 10 (1 note)

Enregistré le: 15 janvier 2012



Gislaine
Appréciation de lecture
Le silence du bourreau
Appréciation : 7 / 10
Commentaire #1 du : 16 janvier 2012
François Bizot, ethnologue français en mission au Cambodge, a été fait prisonnier par les Khmers rouges en 1971.
Son geôlier s'appelle Douch. Il parle français car il a étudié en France. Les 2 hommes ont presque le même âge (28 et 30 ans). Finalement F Bizot sera relâché au bout de 3 mois, mais pas ses 2 collègues cambodgiens.

Pour suivre la chronologie de ce livre qui va de 1963 à 2011, il convient de se remémorer quelques dates et événements :

De 1971 à 1975, le régime des Khmers Rouge mis en place par Pol Pot sévit au Cambodge. Douch est le directeur du centre de détention et torture de Tuol Sleng (S.21) à Phnom Penh et est responsable de plus de 12 000 morts. Au total 1,7 millions de cambodgiens meurent en 4 ans (Déportation, massacre, torture, famine, maladie ...) soit un quart de la population.

1988 - François Bizot visite le centre de Torture S.21, et reconnait Douch, sur une photo.
1999 - Douch est retrouvé et inculpé de génocide.
2001 - François Bizot écrit ses souvenirs de détention au camp M.13 dans « Le Portail », 30 ans après les faits.
2003 - L'auteur rencontre Douch en prison.
2010 - F Bizot témoigne au procès. Il écrit ce livre « Le silence du bourreau ».
Douch sera condamné à 30 ans de prison (alors que 40 ans étaient demandés).
2011 - En appel, les avocats de Douch demandent son acquittement.

En parallèle de l'histoire officielle, F Bizot a fait parvenir son livre ‘Le Portail’ à Douch et a été autorisé à le rencontrer. Il existe entre les deux hommes une relation complexe et contradictoire (Douch n’ayant pas fait exécuter son prisonnier). Syndrome de Stockholm ?
Cependant F Bizot reste lucide face à tant de monstruosité. Il s'interroge sur le Mal et essaie de voir l'humain derrière le bourreau, car si l’on considère que les tortionnaires sont des êtres humains ordinaires (et non pas des monstres) il devient possible de les juger.
Poursuivant sa réflexion et son analyse, l’auteur examine ses propres mauvaises actions qu'il n'arrive pas à oublier (en 1963, étant donné qu'il ne pouvait pas l’emmener en voyage, il tue lui-même sa petite fennec Sarah, qu’il avait apprivoisée et qu’il aimait tant …).

Tout homme, à un moment donné pourrait-il devenir un meurtrier ?
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Le Cambodge est de nouveau d’actualité, car Douch est le dernier khmer rouge vivant à être jugé, et il vient de faire appel (jugement en février 2012).

En librairie et sur les écrans :
« L’élimination» Roman de Rithy Panh et Christophe Bataille – éditions Grasset 2011.
« Duch, le maître des forges de l'enfer » film documentaire du cinéaste Rithy Panh.

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