Je te suivrai en Sibérie - FRAIN Irène

Couverture Je te suivrai en Sibérie Après Marie Curie et Simone de Beauvoir, Irène Frain se tourne vers une héroïne qui fascina les romantiques : Pauline Geuble, amoureuse rebelle d'un insurgé décabriste. Partie sur ses traces en Russie, Irène Frain en reviendra hantée par une femme d'exception, étonnante de courage, de force et de passion.
Pauline est de ces femmes qui brisent les obstacles.
Risque-tout, elle quitte sa Lorraine natale à la fin de l'épopée napoléonienne pour rejoindre Moscou où, simple vendeuse de mode, elle est courtisée par un richissime aristocrate. Ivan Annenkov est un fervent admirateur de la France des Lumières et un farouche adversaire du servage. Il appartient à une société secrète qui rêve de renverser le tsar. Le complot échoue, les Décembristes sont déportés en Sibérie. Ivan aurait été promis à mourir dans l'oubli le plus total si Pauline, comme sept autres femmes de condamnés, n'avait décidé de le rejoindre. La petite bande, qui deviendra légendaire, soutient si bien les conjurés qu'ils relèvent la tête et fondent, derrière les murs de leur prison, une minirépublique à la française...
Qui était au juste cette Pauline qui croisa les hommes les plus célèbres de son temps, de Dumas à Dostoïevski, qu'elle fascina ? Irène Frain a suivi ses traces depuis la Lorraine jusqu'à la Transbaïkalie. Elle ressuscite son équipée et brosse avec feu et sensibilité le portrait d'une amoureuse endiablée.

Biographie de l'auteur

Irène Frain est née en 1950. Elle appartient à une famille de cinq enfants, dont le père, d'abord garçon de ferme devient professeur pour adulte. Sa mère est couturière.
En 1967, elle rentre à Khâgne (Nantes) et obtient son agrégation en lettres classiques en 1972.
Jusqu'en 1977, elle enseigne les lettres classiques dans le secondaire, et à partir de 1975 le latin à la Sorbonne. Ce, jusqu'en 1981.
En 1979, parait son premier essai. Elle s'installe dans le Loir et Cher et ne cessera pas d'écrire.
On note dans l’œuvre d’Irène Frain deux courants profonds : une passion pour les enjeux inhérents à la condition féminine et une prédilection accusée pour l’Orient — les deux se recoupant souvent.
En 1984, elle commence une carrière journalistique (Paris-Match, Elle, VSD, L'équipe)
En 2004, elle entreprend avec son mari un voyage sur les traces de Joseph Rock (explorateur américain). Périple qui les entraîne aux quatre coins de l'Europe et au Tibet. Elle soutient depuis l'association Aide à l'Enfance Tibétaine.
En 2008 elle fonde le Women’s Forum for the Economy and Society.
Irène Frain est nommée commandeur de l'ordre national du Mérite en 2016.

Date première édition: septembre 2019

Editeur: Paulsen

Genre: Roman , Roman historique

Mots clés :

Notre avis : 7 / 10 (1 note)

Enregistré le: 24 janvier 2020



Marinette
Appréciation de lecture
Je te suivrai en Sibérie
Appréciation : 7 / 10
Commentaire #1 du : 24 janvier 2020
J'avais découvert Irène Frain en lisant "les naufragés de l'île de Tromelin". J'avais été marquée par la justesse de ton, la précision des recherches, et les talents de conteuse de l'auteur pour restituer cet épisode de l'histoire.

Ici, il ne s'agit pas vraiment d'un roman, mais d'un récit romancé qui restitue la vie et l'épopée de Pauline Geuble, française émigrée comme modiste, en Russie, et qui suivra son amant Ivan Annenkov, aristocrate déporté en Sibérie, après l'échec d'un complot de "démocrates idéalistes" contre le tsar Nicolas 1er, le 14 décembre 1825 à St Petersbourg.

Irène Frain n'est pas historienne, mais elle s'appuie sur de nombreuses archives, notamment, le manuscrit dicté par Pauline elle-même, à l'une de ses filles, Olga. Elle refera elle-même le voyage jusqu'en Transbaikalie, en 2018.
Si ce récit met en lumière le destin d'une femme de caractère, pour le moins, Pauline n'est pas la seule, 8 femmes que les Russes appellent " dekabristki", ont choisi alors de quitter une vie dorée d'aristocrates, et pour quelques unes, leurs enfants en bas âge, pour aider leur mari à survivre aux conditions de déportation. Les survivants ne seront graciés que 30 ans plus tard.

Pauline a porté 18 enfants et elle est morte à 76 ans à Nijni-Novgorod.

Ces femmes vont reconstituer une mini-société, soudée, aux portes du pénitencier de Tchita et rendre plus humaine la vie de leur mari, épris des philosophes du siècle des Lumières.

Même si de nombreuses zones d'ombre de la vie de ces jeunes femmes sont peut-être extrapolées, même si j'ai moins aimé les "incises" sur la coupe du monde de foot de 2018 au sein du récit, je recommande chaudement ce voyage littéraire au XIXeme siècle, qui mêle petite et grande histoire, à tous les amateurs de la Russie et de destins de femmes qui ont su s'émanciper.

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