Debout-payé - GAUZ

Couverture Debout-payé

Debout-payé est le roman d’Ossiri, étudiant ivoirien devenu vigile après avoir atterri sans papier en France en 1990.

C’est un chant en l’honneur d’une famille où, de père en fils, on devient vigile à Paris, en l’honneur d’une mère et plus globalement en l’honneur de la communauté africaine à Paris, avec ses travers, ses souffrances et ses différences. C’est aussi l’histoire politique d’un immigré et du regard qu’il porte sur notre pays, à travers l’évolution du métier de vigile depuis les années 1960 — la Françafrique triomphante — à l’après 11-Septembre. Cette épopée familiale est ponctuée par des interludes : les choses vues et entendues par l’auteur lorsqu’il travaillait comme vigile au Camaïeu de Bastille et au Sephora des Champs-Élysées. Gauz est un fin satiriste, tant à l’endroit des patrons que des client(e)s, avec une fibre sociale et un regard très aigu sur les dérives du monde marchand contemporain, saisies dans ce qu’elles ont de plus anodin — mais aussi de plus universel. Un portrait drôle, riche et sans concession des sociétés française et africaine, et un témoignage inédit de ce que voient vraiment les vigiles sous leur carapace.

Biographie de l’auteur

Gauz nom d'auteur d'Armand Patrick Gbaka-Brédé, est né à Abidjan, Côte d'Ivoire, en 1971. Photographe, scénariste, rédacteur en chef d'un journal économique satirique ivoirien, il est l'auteur d'un roman Debout-Payé, publié à Paris en 2014, aux éditions Le Nouvel Attila . Ce roman fait l'unanimité des critiques littéraires notamment pour la qualité de son style, de ses satires sociales, et de son humour.

Date première édition: août 2014

Editeur: Nouvel ATTILA

Genre: Roman

Mots clés :

Notre avis : 7.50 / 10 (2 notes)

Enregistré le: 26 octobre 2014



Marie -Claire
Appréciation de lecture
Debout-payé
Appréciation : 7 / 10
Commentaire #2 du : 16 juillet 2015
Roman (largement autobiographique ) d'un étudiant ivoirien sans papiers devenu vigile.Il retrace l'histoire des jeunes Africains débarquant en France et dont on suit leur quotidien leurs luttes, leurs espoirs ...Le récit est entrecoupé de réflexions sur nos comportements dans les magasins , ces interludes directement inspirés de l'expérience de vigile C'est drôle, ironique mais toujours tendre.
J'ai cependant trouvé déroutant cette alternance qui donne un côté brouillon , c'est un peu lassant et n'apporte rien au livre.
Voici un extrait

"Les noirs sont costauds, les noirs sont forts, les noirs sont obéissants, les noirs font peur. Impossible de ne pas penser à ce ramassis de clichés du bon sauvage qui sommeillent de façon atavique à la fois dans chacun des blancs chargés du recrutement et dans chacun des noirs venus exploiter ces clichés en sa faveur. » La longue file d'hommes noirs qui montent les escaliers ce matin-là est venue chercher un job. Ils seront tous vigiles. Formation minimaliste, aucune expérience exigée, regard volontairement bienveillant sur les situations administratives, devenir vigile est le moyen le plus simple de décrocher un CDI pour les africains de Paris. « Ceux qui déjà ont une expérience du métier savent ce qui les attend les prochains jours : rester debout toute la journée dans un magasin, répéter cet ennuyeux exploit de l'ennui, tous les jours, jusqu'à être payé à la fin du mois."
Gislaine
Appréciation de lecture
Debout-payé
Appréciation : 8 / 10
Commentaire #1 du : 23 décembre 2014
L'histoire de ce livre est double : elle relate d'une part la vie des Ivoiriens arrivés dans les années 60 à Paris, et d'autre part le métier de vigile (ivoirien) dans les grands magasins comme Séphora ou Zara.

C'est le 1er roman d'Armand Patrick Gbaka-Brédé, alias Gauz.

L'analyse de notre société de consommation est satirique et originale et ressemble à "Verre cassé" de Alain Mabanckou (Congo). Voir : http://asso-semoy.fr/verrre-casse.html
Après avoir lu ce livre, vous ne regarderez plus les vigiles (d'origine africaine) de la même façon.


Extraits :
QUAND SONNE LE PORTIQUE.
Le portique de sécurité sonne quand quelqu'un sort ou entre avec un produit qui n'est pas démagnétisé. Ce n'est qu'une présomption de vol, et dans 90% des cas, le produit a été payé en bonne et due forme. Mais il est impressionnant de voir comme presque tout le monde obéot à l'injonction sonore du portique de sécurité. Presque jamais, personne ne le transgresse. Mais les réactions divergent selon les nationalités ou les cultures.

- Le Français regarde dans tous les sens comme pour signifier que quelqu'un d'autre que lui est à l'origine du bruit et qu'il cherche aussi, histoire de collaborer.
- Le Japonais s'arrête net et attend que le vigile vienne vers lui.
- Le Chinois n'entend pas ou feint de na pas entendre et continue son chemin l'air le plus normal possible.
- Le Français d'origine arabe ou africaine crie au complot ou au délit de faciès.
- L’Africain se pointe le doigt sur la poitrine comme pour demander confirmation.
- L'Américain fonce directement vers le vigile, sourire aux lèvres et sac entrouvert.
- L'Allemand fait un pas en arrière pour tester et vérifier le système.
- L'Arabe du Golf prend un air le plus hautain possible en s'arrêtant.
- Le Brésilien lève les mains en l'air.
- Un jour, un homme s'est carrément évanoui. Il n'a pas pu donner sa nationalité.

RECONDUITE A LA FRONTIERE.
Ossiri aimait beaucoup l'expression administrative : "Reconduite à la frontière". Cela lui inspirait un voyage bucolique à travers prés et champs, accompagné par une cour joyeuse et bruyante, jusqu'à une frontière imaginaire pleine de mystères enchanteurs. Là-bas, tous les accompagnateurs chanteraient en chœur et en canon "ce n'est qu'un au-revoir". L'accompagné-plutôt le "reconduit"- continuerait seul son chemin en écrasant une larme d'émotion.

MONDIALISATION :
Avec la quantité énorme d'habits fabriqués au pays de Mao, on peut dire qu'un chinois dans un magasin de fringues, c'est un retour à l'envoyeur.

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