De la forêt - BANERJI Bibhouti Bhoushan

Couverture De la forêt

Calcutta, années 1920, jeune diplômé désargenté, Satyacharan accepte un poste de régisseur aux confins du Bihar, dans le nord-est de l'Inde. Quittant Calcutta, ce Bengali raffiné et mondain est bientôt fasciné par l'exubérance de la faune et de la flore et par la diversité des habitants de ce vaste domaine forestier. L'illustre roi des Santals garde ses vaches à l'ombre d'un banyan sacré, Yugalprasad embellit la jungle en y plantant de nouvelles espèces, Dhaturiya préfère danser sans manger plutôt que travailler aux champs... Satyacharan sait qu'il est le dernier témoin d'un formidable écosystème ; il doit pourtant en orchestrer la disparition. Son rapport au monde en sera à jamais bouleversé.
Satyacharan comprend qu’il est le dernier témoin d’un monde dont il doit mettre en œuvre la disparition : son rôle n’est-il pas de gérer la déforestation pour la mise en culture des terres ? Qu’adviendra-t-il de ce formidable écosystème, sacrifié sur l’autel du « développement » ?
De la forêt est un récit visionnaire, d’une bouleversante actualité : à la manière d’un Henry David Thoreau, Banerji nous offre le premier grand roman de l’écologie contemporaine.

Biographie de l'auteur

Bibhouti Bhoushan Banerji (1894-1950) né à Murapitur, dans le Bengale-Occidental est un romancier et nouvelliste bengali.
Il passa son enfance dans un village du delta du Gange avant de faire des études supérieures à Calcutta.
Tantôt enseignant en milieu rural, tantôt exploitant forestier, il partagera sa vie entre Calcutta et sa région et l’État voisin du Bihar.
Enfin, il publie en 1921 sa première nouvelle, Upekshita, dans Probashi, un des principaux magazines littéraires du Bengale de l'époque. Toutefois, il ne retiendra l'attention des critiques qu'à partir de 1928, avec la publication de son premier roman, "La Complainte du sentier" (Pather Panchali). Avec La Complainte du sentier Bibhutibhushan accède immédiatement au rang des grands noms de la littérature bengalie.
Elle a été adaptée au cinéma en 1955 par Satyajit Ray, ainsi que la suite L'Invaincu (Aparajito), dans la trilogie d'Apu.
Le film Pather Panchali, le premier du réalisateur bengali, est la révélation du Festival de Cannes 1956, cette œuvre possède la puissance documentaire du néoréalisme italien.

Date première édition: février 1937

Editeur: Zulma

Genre: Biographie , Roman

Mots clés :

Notre avis : 9 / 10 (1 note)

Enregistré le: 17 septembre 2020



Gislaine
Appréciation de lecture
De la forêt
Appréciation : 9 / 10
Commentaire #1 du : 30 septembre 2020
J'ai adoré ce roman qui fait la part belle à la nature sauvage.

L'histoire se passe en 1925, dans l'état du Bihar, en Inde. Un jeune étudiant sans travail accepte un poste de régisseur dans une zone de forêt tropicale. D'abord réticent, il va peu à peu tomber sous le charme de la végétation, des éléments naturels, des clairs de lune, des chevauchées, l'étang de Sarasvati et aussi de certains habitants autochtones.

De beaux portraits sont évoqués avec lyrisme et romantisme :
Dhaturiya : un jeune danseur
Kunta : une jeune femme très courageuse
Dhaotal Shahu : l'usurier
les castes humbles et démunies et ethnies indiennes

Le paradoxe est que l'état d'esprit qui peu à peu domine chez ce jeune homme ne correspond plus à la mission qui lui a été confiée. Il est là pour délimiter des parcelles et les vendre à des individus démunis qui les défricheront pour les cultiver.
Après 6 ans, alors qu'il ne reste plus rien de cette forêt, il retourne à Calcutta.

Une belle lecture, un hymne à la nature dans un style poétique !

Extraits :

Mais ces souvenirs ne sont pas joyeux, ils sont douloureux. C'est de mes mains que cette nature sauvage et libre a été détruite, et je sais que les divinités de la forêt ne me le pardonneront jamais. On dit que le poids du péché est plus léger si le pécheur le confesse.

Le fruit de l"effort, accompli par la seule nature sur des centaines d'années, disparaitrait complètement avec sa beauté sauvage et sa vaste plaine. Et pour obtenir quoi en échange ? Quelques vilaines maisons couvertes de tuiles ou de chaumes, des étables, des champs de maïs, des tas de jute, des châlits en cordes, des étendards de Hanumanji, des buissons d'euphorbes, beaucoup de feuilles de tabac sèches, de chiques, sans oublier des épidémies de choléra et de variole.
Pardonne-moi, Ô forêt, Ô toi l'ancienne !

Un manoeuvre lui fait cette requête :
«C’est très commode d’avoir une casserole en métal, maître. Je peux l’emporter partout avec moi, y faire cuire mon riz, mettre des choses et manger dedans, elle ne se cassera pas. Je n’ai pas une seule casserole. Ça fait longtemps que j’en ai envie mais je suis très pauvre, une casserole coûte six annas, comment pourrais-je payer ça? C’est pour cela que je suis venu vous trouver, maître, il y a si longtemps que j’en ai envie, si le maître ordonnait que je puisse en avoir une ! » C’était la première fois que j’entendais dire qu’une casserole en métal avait tant de qualités et que des gens rêvaient la nuit d’en posséder une. Il y a sur terre des populations si misérables que posséder une casserole en fer leur semble le paradis... J’avais entendu dire que les habitants de cette région étaient très pauvres, mais à ce point!
Je fus très ému
Dernière édition : 30 septembre 2020, 23:33:42 par moderateur  

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