Beloved - MORISSON Toni

Couverture BelovedVers 1870, aux États-Unis, près de Cincinnati dans l'Ohio, le petit bourg de Bluestone Road, dresse ses fébriles demeures.
L'histoire des lieux se lie au fleuve qui marquait jadis pour les esclaves en fuite la frontière où commençait la liberté. Dans l'une des maisons, quelques phénomènes étranges bouleversent la tranquillité locale : les meubles volent et les miroirs se brisent, tandis que des biscuits secs écrasés s'alignent contre une porte, des gâteaux sortent du four avec l'empreinte inquiétante d'une petite main de bébé.
Sethe, la maîtresse de maison est une ancienne esclave. Dix-huit ans auparavant, dans un acte de violence et d'amour maternel, elle a égorgé son enfant pour lui épargner d'être asservi. Depuis, Sethe et ses autres enfants n'ont jamais cessé d'être hantés par la petite fille. L'arrivée d'une inconnue, Beloved, va donner à cette mère hors-la-loi, rongée par le spectre d'un infanticide tragique, l'occasion d'exorciser son passé.
Inspirée par une histoire vraie, renforcée par ses résonances de tragédie grecque, cette œuvre au lyrisme flamboyant est l'histoire d'un destin personnel et d'un passé collectif.

Biographie de l'auteur

Chloe Anthony Wofford Morrison, (1931-2019) née Chloe Ardelia Wofford, connue sous le nom de Toni Morrison, est une romancière, essayiste, critique littéraire américaine.
Née dans une famille ouvrière, lorsqu'elle a douze ans, elle se convertit au catholicisme et prend pour nom de baptême Antony en mémoire de Saint Antoine de Padoue. Elle réussit brillamment son diplôme de fin d'études secondaires. Elle est admise à la plus prestigieuse des universités afro-américaines, l'Université Howard en 1949 pour y étudier la littérature. Elle y obtient le Bachelor of Arts (licence) en 1953. Elle réussit à être admise à l'Université Cornell, où elle soutient son Master of Arts en 1955, avec une thèse sur le thème du suicide chez William Faulkner et Virginia Woolf.
Après son diplôme, elle entame une carrière de professeur à Texas Southern University (1955-1957), avant de retourner à l'Université Howard comme maître-assistante en littérature anglaise de 1957 à 1964.
En 1958, elle épouse Howard Morrison, un architecte originaire de la Jamaïque, avec qui elle a deux fils. Après son divorce en 1964, elle s'installe à Syracuse puis à New York et travaille comme éditrice chez Random House. En 1967, elle est promue directrice d'édition, chargée du secteur de la littérature noire.
Elle enseigne à l'Université Cornell et à l'Université d'État de New York (1984-1989), avant de devenir professeure titulaire à l'Université de Princeton en 1989, poste qu'elle occupera jusqu'à sa retraite en 2006.
Elle écrit son premier roman, "L'œil le plus bleu", ("The Bluest Eye", 1970), à l'âge de 39 ans. Son roman "Sula" (1973) qui est suivi de "La chanson de Salomon" ("Song of Solomon", 1977) lui assurent la notoriété.
Elle obtient le prix Pulitzer 1988 pour "Beloved" (1987), son roman le plus connu et le plus vendu. Il a été adapté au cinéma en 1998 par Jonathan Demme. En 2006, le jury du supplément littéraire du "New York Times" consacre "Beloved" "meilleur roman de ces 25 dernières années".
En 1993, elle reçoit le prix Nobel de littérature pour "ses romans caractérisés par une force visionnaire et une portée poétique, qui donne vie à un aspect essentiel de la réalité américaine".
Depuis 2002, elle s'investit également dans la littérature pour enfants avec son fils cadet Slade Morrison (1965-2010). Toni Morrison est considérée comme faisant partie des 10 auteurs les plus éminents de la littérature afro-américaine.

Date première édition: février 1988

Editeur: 10-18

Genre: Roman

Mots clés :

Notre avis : 9.50 / 10 (2 notes)

Enregistré le: 16 février 2021



Cathiou
Appréciation de lecture
Beloved
Appréciation : 9 / 10
Commentaire #2 du : 06 mars 2021
Toni Morrison dans ce roman aborde le tabou de l'esclavage.
Elle dénonce un système qui abolit toute humanisation et qui broie toute personne qui résiste.
Seth une esclave qui a réussi à fuir pour rejoindre un état libre est retrouvée par son propriétaire.
Elle préfèrera tuer sa fille Beloved plutôt que de la voir réduite comme elle en esclavage.
Beloved devenue un fantôme reviendra hanter sa mère.
C'est la question de la mémoire qui est aussi abordée
C'est un roman fort, dérangeant et qui nous fait vivre de l'intérieur les émotions des personnages et le racisme qui dévaste tout.
Dernière édition : 06 mars 2021, 19:09:52 par moderateur  
Marie-Claire
Appréciation de lecture
Beloved
Appréciation : 10 / 10
Commentaire #1 du : 25 février 2021
Un roman fort qui parle de l’esclavage aux Etats-Unis entre 1855 et 1873 environ.L’histoire se passe vers la frontière séparant les états du sud esclavagistes d’où viennent Sethe,sa famille et Paul D et les états du nord abolitionnistes, espoir de liberté. Pas tout à fait cependant car les anciens maîtres ont le droit de venir chercher les fugitifs où qu’ils soient. C’est ce qui arrivera à Sethe.
Toni Morrison revendique une écriture noire ,parfaitement réussie dans ce livre à mon avis. En effet elle réussit à nous faire ressentir les sentiments et les sensations des personnages qui ont vécu des situations indicibles. La douleur, la colère, la honte la culpabilité, l’amour aussi, elle nous les restitue et nous les éprouvons ,nous lecteurs dont les vies sont si différentes, si protégées.
La narration n’est pas linéaire-certaines phrases ne seront comprises que plus loin dans le texte- les événements sont éclatés comme la vie des esclaves vendus, entraînés loin de leur famille, de leurs proches et qui s’interdisaient d’aimer, de désirer.
" […] tout appartenait aux hommes qui avaient des fusils. […] Si bien que vous vous protégiez et que vous finissiez par aimer petit.[…] Une femme, un enfant, un frère-un grand amour comme ceux-là vous eût déchiré de part en part."
"Pour une ancienne esclave, aimer aussi fort était risqué […] Le mieux, il le savait, c’était d’aimer un petit peu, juste un petit peu chaque chose, pour que, le jour où on casserait les reins à cette chose ou qu’on la fourrerait dans un sac de jute lesté d’une pierre, eh bien, il vous reste peut-être un peu d’amour pour ce qui viendrait après. "
C’est un vrai tour de force : la romancière donne la parole aux victimes, on entend leur voix,leurs paroles et soudain l’irruption du fantastique (la présence du fantôme ) nous déroute.
Ce n’est pas un livre facile aussi bien par les thèmes évoqués que par la manière de raconter.C’est de la vraie littérature : le roman nous bouleverse, nous dérange,nous fait réfléchir aussi.

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