Le bel été - PAVESE Cesare

Couverture Le bel été

"À cette époque-là, c'était toujours fête. Il suffisait de sortir et de traverser la rue pour devenir comme folles, et tout était si beau, spécialement la nuit, que, lorsqu'on rentrait, mortes de fatigue, on espérait encore que quelque chose allait se passer..."
À lire certaines pages du Bel Été, les premiers films de Fellini reviennent en mémoire : fins de nuits blêmes, dialogues décousus, visages creusés par une lumière d'aube. Mais les rires s'éteignent vite chez Pavese. En ville comme à la campagne, on étouffe, on cherche vainement son bonheur, sa délivrance au contact des autres, on parle comme on grifferait la pierre des immeubles ou la terre des collines, ces ombres noires, froides et muettes. Jeunes, par petits groupes, les personnages de Pavese glissent, se heurtent, s'étreignent, se repoussent, papillons voletant sans but ni espoir. La vie file, insaisissable entre les doigts. L'écriture seule demeure, pure et subtile, qui avec Entre femmes seules prend relief, épaisseur : en elle une voix s'affirme, où le poète semble trouver sa paix, pour mieux apprivoiser, peut-être, cette mort qui viendra le cueillir, un an plus tard. --Scarbo

Biographie de l'auteur

Cesare Pavese (1908-1950) est un écrivain italien.

Il étudie la littérature anglaise à Turin et écrit une thèse sur le poète américain Walt Whitman en 1930. En outre, il traduit en italien Moby Dick d'Herman Melville en 1932, ainsi que des œuvres de John Dos Passos, William Faulkner, Daniel Defoe, James Joyce ou encore Charles Dickens.

Il collabore à la revue Culture dès 1930, publiant des articles sur la littérature américaine, et compose son recueil de poèmes "Travailler fatigue", qui paraîtra en 1936, année où il devient professeur d'anglais.

Cesare Pavese s'inscrit de 1932 à 1935 au Parti national fasciste, sous la pression, selon lui, des membres de sa famille. En conformité avec le régime, il est choisi en 1934 comme directeur d'une revue culturelle, tribune de ses amis de "Giustizia e Libertà", groupe anti-fasciste. En 1935, Pavese est arrêté pour activités anti-fascistes. Exclu du parti, il est exilé en Calabre à Brancaleone Calabro pour huit mois?; cette période est pour lui une époque de méditations sur son métier et le début de la rédaction de son Journal ("Le Métier de vivre" qui sera publié à titre posthume en 1952). En 1939, il écrit le récit "Le bel été" qui ne paraît qu'en 1949, accompagné de deux autres textes "Le diable sur les collines" et "Entre femmes seules". Il écrit beaucoup à cette époque, notamment "Dialogues avec Leuco".

Après la Seconde Guerre mondiale, Cesare Pavese adhère au Parti Communiste Italien, s'établit à Serralunga di Crea, puis à Rome, Milan et finalement Turin, travaillant pour les éditions Einaudi. Il ne cesse d'écrire durant ces années, notamment en 1949 un roman : "La lune et les feux".

Cesare Pavese se suicide dans une chambre d'hôtel de Turin, laissant sur sa table un dernier texte, "La mort viendra et elle aura tes yeux", ainsi que ces mots : "Je pardonne tout le monde et je demande pardon à tout le monde. Ça va ? Pas trop de commérages."

Son journal montre bien que Pavese était obsédé par le suicide depuis l'âge de 15 ans.

Date première édition: février 1949

Editeur: Le livre de poche

Genre: Roman

Mots clés :

Notre avis : 7 / 10 (1 note)

Enregistré le: 18 décembre 2023



Gislaine
Appréciation de lecture
Le bel été
Appréciation : 7 / 10
Commentaire #1 du : 28 décembre 2023
Cesare Pavese, je ne connaissais pas.

Mais depuis la conférence de monsieur Yves Prouet (que nous remercions chaleureusement), Pavese sort de l'ombre (ou alors c'est moi qui le remarque ?). Dans une librairie, j'ai vu un Post-it "Lisez la poésie de Pavese !"

J'ai commencé par "le bel été". C'est bien écrit, c'est élégant, raffiné. Les troubles et les émois des jeunes filles sont bien relatés, j'y ai trouvé beaucoup de pudeur et de sensibilité. Le passage à l'âge adulte n'est pas anodin. La ville est opposée à la campagne moins prétentieuse.

Cependant, je me suis tout de même ennuyée : il y a peu d'actions, l'époque n'est pas indiquée, les jeunes sont issus de la bourgeoisie de Turin. On fait beaucoup la fête. C'est une vie de bohème joliment racontée et pleine de bavardages…

Une lecture que je ne regrette pas.
Je lirai plus tard "Le métier de vivre".

Extrait :
À cette époque-là, c'était toujours fête. Il suffisait de sortir et de traverser la rue pour devenir comme folles, et tout était si beau, spécialement la nuit, que, lorsqu'on rentrait, mortes de fatigue, on espérait encore que quelque chose allait se passer...

Ecrire un avis de lecture

  • Les champs obligatoires sont marqués avec une *.

Si vous avez des difficultés à lire le code, cliquer sur le code lui-même pour en générer un nouveau.
Recopier le code de sécurité :